Le Tri-test, les probabilités et l’anxiété (édit)

J’avais pas envisagé cela.
La fausse-couche, la mort intra utérine, les résurgences anorexiques, la peur de ne pas être affectivement à la hauteur, je l’avais envisagé.
Pas le Tri-test pseudo-vaseux.

Je commençais à lui parler dans mon ventre, à m’endormir la main contre mon ventre, à faire équipe (mais je n’ai toujours rien écrit dans son carnet) et puis cette prise de sang est venue tout ébranler.

Le Tri test est donc une prise de sang qui évalue le risque de porter un enfant porteur d’une trisomie 21. Les taux de deux marqueurs sont combinés à l’âge et à la clarté nucale pour déterminer une probabilité.
Ce n’est donc pas un diagnostic mais une manière de classer les femmes enceintes dans une population à risque.
Quand le risque est de 1/250, on propose une biopsie du trophoblaste ou une amniocentèse en fonction de l’avancement de la grossesse. Ces deux gestes permettent d’établir le caryotype de l’enfant et permet donc un diagnostic certain. Mais il existe un risque infime mais réel de fausse-couche ( difficile à estimer car il tient aussi à la maîtrise technique du personnel médical).
Parmi ces personnes, on estime que plus de 95% portent un enfant non atteint de trisomie.

Depuis 2009, on pratique préférentiellement un Tri-Test au cours du premier trimestre car il est plus fiable que l’ancien effectué au second trimestre. L’ancien entraînait davantage d’amniocentèses et donc de risque de perte foetale.
Il s’agit de doser la fraction libre de la B HCG et la PAPP-A, une hormone sécrétée par le placenta.
Lors d’une grossesse, le taux de BHCG diminue et la PAPP-A augmente ( il s’agit de la mise en place du fonctionnement placentaire).
On a remarqué que dans le cadre d’une grossesse au cours de laquelle l’enfant est trisomique 21, souvent, le taux de BHCG reste élevé et celui de la PAPP-A s’abaisse.

Les résultats sont exprimés en écart par rapport à la médiane.
Décodons:
On prend tous les dosages sanguins des femmes non porteuses d’enfants trisomiques et on fait une médiane. Plus on s’écarte de cette médiane, plus le risque d’une grossesse pathologique est élevé.

Selon l’écart et selon les variations, on peut déterminer un risque accru, non seulement de trisomie 21 mais d’ autres trisomies ou affections de la grossesse.

Pour la trisomie 21, mon risque est d’1/568. C’est très bien.
Ma clarté nucale et mon âge font basculer le résultat du bon côté. (sans compter la présence des os propres du nez.. etc)
Mais mes marqueurs sériques ne sont pas très bons : PAPP-A basse ( 0, 37 de la médiane) et BHCG élevée ( 1,98 de la médiane).
Au départ, j’avais juste les chiffres…. et j’ai regardé sur internet…. J’aurais pas dû.

J’ai donc passé un week-end très angoissé. J’ai rappelé mon centre périnatal ce matin en essayant de jouer la fille pas trop anxieuse (visiblement, c’était raté).
Une PAPP-A basse entraîne une élévation du risque de RCIU, de MFIU, de prééclampsie. D’accord, dans 85% des cas, il n’y a rien.
Mais je ne vois que les 15% moi…..
La sage-femme m’a donc dit que le seuil d’inquiétude est à 0, 20 de la médiane et que l’on vérifiera la vascularisation du placenta ainsi que la croissance du foetus mais que ces variations hormonales ne la tracassaient pas davantage.

Bien entendu, j’avais fait 5heures de train en courant de Gare de l’Est à Montparnasse avec mes bagages ; j’avais refusé de prendre le tapis roulant (pour faire du sport) alors le soir ça tirait un peu partout ; bref, je me suis fait des films d’horreurs de vendredi à ce matin. J’espère profiter de mes quelques jours en famille dans l’Ouest.

Depuis, j’essaye de me reconnecter avec mon petit lapin/ Petit Pois/ Mc Gyver/Némo/l’Habitant.

Tout ceci pour vous dire que si vous acceptez le Tri-Test, attendez que votre médecin vous en donne l’interprétation car vous n’aurez que les valeurs brutes et ces valeurs brutes restent nébuleuses sans une lecture éclairée d’un praticien. Sur mon compte-rendu, même si je pense être quelqu’un d’assez futé, on ne lisait que : seuil d’évaluation retenu 1/250 que j’ai d’abord pensé être mon score…. (d’ailleurs, je pense sincèrement que dans ce cas précis, soit tu envoies tout à la patiente soit tu n’envoies rien du tout…)
Et n’oubliez pas que même dans les dosages hors-normes, 95% des grossesses sont non-pathologiques.

EDIT : l’une d’entre vous et je suis désolée car je ne me souviens plus qui ( je crois que c’est Biquette de mémoire)…. m’avait conseillé de consulter les forums « echofoetale ».
Après avoir lu et relu et refouillé les sujets, il apparaît que le seuil pathologique est de 0, 20   MoM pour les deux dosages.
Pour la PAPP-A, il apparaît qu’une « petite » surveillance des risques RCIU, pré-éclampsie, doit être réalisée en dessous de 0,40 MoM sans tomber dans la parano.

MAIS BON SANG, C’EST QUAND QU’ON « PROFITE » ? 

Un peu de dépaysement live from Saint-Malo pour finir :

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Bon oui, ils faisaient tous la tête.