Le blues de la fin de l’année

Je suis là, assise dans l’herbe, sous les effluves mêlées du faux-acacia et du tilleul.
C’est la fin de l’année scolaire.
Un cycle qui se meurt. Neuf mois qui s’en vont, comme neuf autres mois qu’il faudra bientôt quitter aussi.

Ils sortent de la salle d’examen. J’entends crier « Madame ». Mes Terminales viennent parler philosophie ; je les encourage ; je leur parle d’Histoire-Géographie ; ils sourient.
Ils étaient géniaux mes Terminales.
Pourtant, on m’avait dit  » « Tu verras ». J’ai vu et je les ai adorés.
J’ai adoré mimer De Gaulle bouter les Anglais hors de la CEE et Giscard d’Estaing à un repas chez un Français moyen.

Au loin, les collégiens se balancent des noms d’oiseaux, le haut-parleur grésille dans la cour et le vent tourne vainement les pages de l’essai d’Elisabeth Badinter que je lis assidûment.

L’air a le goût de la nostalgie, cette petite et ténue pesanteur à la pointe de l’estomac.
Là-bas, mes Terminales rient et s’éloignent, inexorablement, sans se retourner.
Demain, nous nous reverrons, deux fois encore. Je suis « de sujet » et de surveillance, ensuite,  pendant leur épreuve de mathématiques.
J’aurais aimé être là pendant leur épreuve d’allemand, eux qui faisaient traîner les séances d’histoire en longueur pour ne pas aller à ce cours…

La soledad comme disent les Ibériques.
En musique de fond, dans le coin de mon esprit, Le Temps des cerises, que j’ai fait découvrir à mes Premières.

Je ne regrette rien de mes quatre mois d’internat, dans huit mètres carré. Cette année, j’ai accepté d’être dé-zonée et j’ai enfin pu exercer mon métier plus de quinze jours d’affilée, accompagner des élèves, me sentir utile et attendue.
J’ai compris que j’aimais cette itinérance, que peu à peu, elle était devenue constitutionnelle. J’imagine difficilement me fixer quelque part désormais. J’ai pris goût à cette double vie, à fuir du lundi au vendredi de mes soucis du quotidien, à corps perdu dans mon métier.
Rien ne m’a manqué.
Si ce n’est peut-être un chat.
Parfois, j’ai peur de ce penchant pour l’exil.

Je devrais sans doute être heureuse de toucher du doigt ce repos, enceinte de sept mois.
Mais je ne vois que la fin de cette année. Je crains de ne pas avoir de poste l’année prochaine et de devoir encore écumer la salle des professeurs de mon établissement de rattachement.
Je n’aurai pas été en arrêt une seule fois cette année en dépit de mes essais et de ma grossesse, mais on m’a fait comprendre que mon congé maternité allait poser problème sur une mission dont on m’a gentiment écartée pour y mettre une collègue en fin de carrière pour un an. Ca arrangeait tout le monde paraît-il…. Parce qu’en plus, vilaine que je suis, j’ai reporté trois semaines de mon congé pré-natal en congé postnatal et je compte profiter de vingt-huit jours supplémentaires de complaisance en raison de l’allaitement… J’aurais dû me taire, plutôt que d’être honnête.

Avril, mai, juin sont mes mois préférés. Ce sont les mois où les jours s’allongent. Quand vient la moisson et les petites cerises aigres, ça prend des airs de crépuscule déjà.
Toute cette ébullition, toute cette énergie dépensée et peut-être dans quelques semaines plus rien professionnellement.
La nostalgie me donne la nausée plus tôt que prévu cette année…

L’être et le devenir

Je sens son ombre derrière moi.
Ses souffles de bras qui serrent ma gorge et puis l’étouffement.

S’émanciper, protéger, éliminer.
Je parle bien d’elle.
De celle qui m’a mise au monde.
De la cicatrice au fer rouge de mon âme qu’elle a apposée.
Implacablement.

Je parle de paix et de rage.
De ce chemin parcouru depuis la séparation
D’avoir vécu à vingt ans,
De mes ailes rognées,
Du moineau aux ailes détrempées sur le rebord de la fenêtre.

C’est elle le fantôme de la maternité.
Bien sûr, les ailes ont séché et j’ai volé,
Mais je n’ai pas pardonné.

Je ne pardonnerai pas les années de lutte pour exister ; je ne pardonnerai pas les doutes que j’ai traversés, que je traverse et que je traverserai durant ma maternité : la peur de ne pas aimer, de se perdre, de se désintégrer.

Pourtant, tout au fond, j’ai toujours été une mère. J’ai toujours ressenti en moi la possibilité d’un amour infini et j’ai toujours su faire preuve d’abnégation dans cet amour.

Il a fallu tout construire depuis les toutes premières fondations. Poser un chaton contre moi, lui offrir mes nuits, savoir instinctivement ses besoins pour comprendre que je pouvais aimer infiniment, malgré toutes mes craintes.
A chaque fois, j’ai cru que je ne pouvais pas aimer plus ou aimer encore et j’ai aimé.
C’est ridicule d’écrire que des chats en perdition m’ont révélée. Pourtant, c est vrai. J’ai compris que j’avais cette aptitude à aimer, à faire grandir, à respecter.

Je traverse cette grossesse comme une fulgurance. Ou bien, c est elle qui me traverse.
Il a fallu abandonner la maîtrise absolue. Par chance, elle s’écoule comme une rivière calme, sans remous. Jetée à corps perdu dans le travail pour éviter de remonter de la vase à la surface des eaux calmes. Un écoulement sans fin, irrémédiable vers la naissance et imperceptiblement le flot des sédiments qui s accumule malgré moi.
Travailler pour ne pas penser, c est oublier de s allonger pour toucher cette créature mystérieuse qui grandit dans ses viscères. C est se comparer aux autres et se trouver si loin de l’invisible curseur de la norme.
Je ne voulais pas croire qu’elle puisse choisir mon ventre.
C est refaire un test urinaire à six mois de grossesse, malgré les échographies, malgré les mouvements, c est penser qu’elle va s’en aller comme si elle pouvait choisir d’autres tripes, chaudes, accueillantes et lumineusement aux normes.
Je ne parviens pas à faire le lien entre mon amour et l enfant qui grandit en moi. J’aime cet enfant infiniment et je ne sais pas qu il est en moi… C est comme s il était resté dans les limbes que je décrivais précédemment.
Mais j’aime être enceinte. C est une expérience sublime à vivre, l impression indicible de toute puissance et de création.
D’où peut être cette sensation d’être dépossédée d une partie de cette potentialité,  quand ce pouvoir vous est refusé.

Cependant, je sortirai de cette expérience avec une conviction encore plus affirmée qu’auparavant: l amour maternel ne naît pas de nos viscères. Ce que je ne savais pas au début de mon désir d enfant, c est que ce que je voulais réellement c était être mère, c est à dire, élever un enfant, ressentir une part d infini dans l amour.
Le porter aura été une fabuleuse expérience ; mais elle n’a pas conditionné mon amour.

Ce que j’ai admiré, c’est la capacité de cet être vivant à faire sa route, indépendamment des doutes et des questionnements. Peu importe que je sache ou que je ne sache pas ou bien que je marche trop, que je ne puisse plus distinguer le jour de la nuit ou que je tergiverse sur un modèle de couche lavable : la vague est irrémédiable.
Tu ne peux que lâcher prise et être l’esclave délicieusement consentante de cet être.

De mon couple ne naîtra jamais un enfant conçu à l arrière d une berline un samedi soir sous la pluie ; il n y aura pas de fruit d insouciance, de retard suspect et j’en ai fait mon deuil. La PMA a poussé l’introspection au bout de ses forces et j en beaucoup retiré. Évident à dire quand on promène un ventre rond et que l’on ressort du côté des couples gagnants.
Évident encore à dire, peut-être, quand l’infertilité ne vient pas de son corps.
Je n’ai pas sur-investi ma grossesse même si j’espère en vivre d’autres car ce fut (et restera pour deux mois encore) un beau moment de ma vie ; je ne me suis pas senti une autre ; mon corps n’est pas très différent de ce qu’il était il y a sept mois si j’enlève cette bosse énorme et je ne ressens pas de transformations profondes en mon être.
Je considère tout cela comme l’aboutissement d’un processus ou plutôt comme une suite.
J’ai pu traverser tout cela logée à 100 km de chez moi, ne pas pouvoir utiliser mes canalisations pendant deux mois, revenir le vendredi soir et tomber sur un gigantesque dégât des eaux, mon conjoint a fait un burn-out et ne supporte pas son traitement ; mais je tiens fermement la barre.
J’ai décidé d’assumer mon rôle de capitaine.
De fait, je suis assez confiante en l’avenir. Je suis où je voulais aller. le chemin ne ressemble pas aux prévisions de naguère mais finalement, j’ai fait mieux que m’en accommoder.

Et j’ai d’autres projets, des tonnes de projets.

vague hokusai oiseaux

« En toi chantent les fleuves et sur eux fuit mon âme
comme tu le désires et vers où tu le veux.
Trace-moi le chemin sur ton arc d’espérance
que je lâche en délire une volée de flèches. »

Pablo Neruda, Vingt Poèmes d’amour, Poème 3, extrait.

Ne pas savoir. Mais il sait.

J’ai décidé que je ne saurai pas le sexe de mon enfant avant d’accoucher. C’est un choix que j’assume parfaitement et qui n’est pas le choix de mon conjoint.

Je voulais avoir un choix, là où la PMA m’a ôté un certain nombre de choix. C’est un peu comme un fragment de liberté. C’est une décision que j’avais prise quand j’ai voulu un enfant. Je me sens un peu comme dans une bulle à contre-courant ; dans un monde où il faut maîtriser et où l’on ne maîtrise que si peu de choses, j’ai la sensation de garder une part de mystère.

Au tout départ, je me projetais davantage avec une fille, sans doute parce que j’avais passé pas mal de temps à m’occuper de ma petite soeur depuis son plus jeune âge. Lors du rendez-vous du quatrième mois, la sage-femme nous a proposé de connaître le sexe de notre enfant. J’ai dit que je ne voulais pas savoir mais que le futur père voulait. Il s’est fait tout petit et il a dit quelque chose comme :  » Oooooh euuuuuh non, on s’en fiche ».
La question du sexe me paraît de plus en plus futile au fur et à mesure de l’avancée de cette grossesse.
Je n’espère aucun sexe.
J’espère un bébé poisseux, fripé, moche, entier, avec deux grands yeux plongés dans les miens.  J’espère une rencontre puissante.
J’espère mon bébé magique, mon tout petit, mon trésor fragile ; je n’espère rien d’autre. Evidemment, ça n’empêche pas la curiosité de mieux connaître le petit être que j’héberge.
Evidemment, ça ne m’empêche pas non plus de me demander si j’investirais ma grossesse différemment en sachant.

Hier, avait lieu l’échographie morphologique du second trimestre.
J’ai été surprise par la taille de mon bébé, la complexité de sa physiologie. J’ai tout de suite rappelé à la sage-femme que je ne souhaitais pas connaître le sexe, mais que D., si.
J’ai détourné le regard à la mesure du fémur. J’ai joué le jeu ; mais je suis curieuse.
Une fois de plus, je suis sortie avec un  » Tout va très bien Madame la Marquise  »
Une fois de plus, je me suis dit : « C’est fou que tout aille aussi bien » , j’ai repensé à la rencontre folle entre un spermatozoïde paumé décongelé provenant d’une vessie et un de mes ovules et ce foetus de vingt-deux semaines,  parfait, beau, avec ses deux reins, son cervelet, ses quatre cavités cardiaques, sa vésicule biliaire,  qui refuse les photos 3D en mettant main et pied devant le visage.

Puis, on a attendu le compte-rendu.
D. trépignait, mais faisait le décontracté avec des blagues nulles, signe d’un stress intense en phase de redescente.
Il m’a dit : « je vais demander ». « Je vais pas demander ». « Je vais demander si elle me propose ». « Je vais pas la déranger ».
Bref, la sage-femme est sortie du bureau et au moment de se quitter, je l’ai gentiment interpelée en lui expliquant que D. avait vraiment envie de savoir. Alors, ils se sont isolés et ils sont ressortis et…. j’ai rien vu sur le visage de D.

A partir de ce moment-là, je l’ai cuisiné mais au fond, je ne voulais pas savoir.
Je ne sais toujours pas. Il est super doué. Il est hyper fort.
J’étais un peu déçue de sa réaction, de sa « faiblesse ». Il était infiniment heureux que j’aie provoqué la révélation, alors que ce n’était pas mon souhait premier.

Et puis, je me suis dit que c’était en réalité une magnifique façon de nouer une relation avec son enfant, de partager un secret que je ne partage pas. Après tout, moi, j’ai tous ses mouvements, ces rencontres intimes avec un petit pied égaré, vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; je suis heureuse de céder un peu de terrain avec son papa.

J’ai arrêté de poser des questions et je n’en poserai plus.

D. a appelé ma grand-mère le soir pour lui dire.
Ma grand-mère est une tombe et elle m’aime plus que n’importe qui. Elle s’est lancée dans une entreprise de layette et elle a vu certains modèles de robes par exemple. Elle m’avait donc demandé si elle pouvait savoir.
Elle sait.
Mais ce n’est pas le plus important.
Le plus important, c’est l’amour avec lequel D.parlait de son petit au téléphone avec ma grand-mère, de son bonheur de vivre cette grossesse, de cette impression de revivre qui l’habite.
Ce sont aussi les larmes à l’écoute de cette chanson, son hymne de papa depuis le tout début de cette aventure en 2012

Finalement, c’est pour le reste des « gens » que c’est le plus compliqué à gérer.

– ceux qui nous prennent pour des illuminés
– ceux qui sont plus curieux que nous et qui nous poseraient un échographe sur le ventre pour savoir avant nous
– ceux qui veulent absolument décliner la vie en bleu ou en rose
-ceux qui te harcèlent à coups de clins d’oeil : « tu sais mais tu ne veux pas le dire, allez tu peux me le dire à moi ».
Et par ricochet, ça nous complique la vie parce qu’on doit se confronter aux croyances tout droit venues d’un monde obscur, aux poncifs, aux prédictions hasardeuses ; l’envie furieuse d’un « je vous emmerde » qui affleure les lèvres mais qui ne sort pas parce que, soyons honnêtes, la PMA c’était quand même bien plus chiant que les conneries des gens. J’ai récemment eu très envie d’être insultante avec ma belle-maman qui m’a dit : « il bouge beaucoup alors c’est un garçon ». Même si elle ne sait rien de mes profondes convictions féministes. En plus, je n’aime pas beaucoup partager sur ma grossesse et mes ressentis avec les personnes qui ont un avis sur tout.

A la question : « C’est quoi ? » ; je réponds invariablement : « un bébé ». (et j’ai déjà répondu aussi : « un alien, pourquoi? », « un cochon d’Inde », « un kangourou ») et quand je suis de bon poil, je réponds simplement : « une surprise ». Il se trouve que j’aime le mixte et que je suis opposée aux habits genrés dès la naissance. Mis à part la difficulté grandissante à trouver des enseignes à prix abordable qui proposent des vêtements mixtes (mais j’ai une tricoteuse de mamie qui me facilite la vie) , je m’équipe facilement (ou je ne m’équipe pas vraiment ; je crois que je vis un blocage des achats qui ne passera que lorsque je saurai que le bébé que je porte pourrait vivre à la naissance… mais ces aspects de ma grossesse seront évoqués dans un autre article).

Qu’est-ce que ça change de savoir ou de ne pas savoir ; je ne le saurai peut-être jamais. Peut-être que je n’aurai jamais la chance d’avoir un deuxième enfant. Mais j’espère d’ici quatre mois, vous dire ce que cela fait de découvrir son enfant.

« Maman est malheureuse… »

La salle est grande et dégage une atmosphère de solennité propre aux lieux réservés à la justice. Je me sens comme une petite chose écrasée par le poids de la vertu cardinale. Dans cette pièce baignée par un pâle soleil de novembre, le velours cramoisi des fauteuils s’accorde au chêne doré  de l’estrade et se reflète sur l’imposante cheminée Renaissance.
Nous sommes à des dizaines de mètres, en contrebas, citoyens justiciables sous l’épée aveugle et équitable.
Je ne le sais pas encore mais je suis enceinte de quatre jours. C’est fou mais je ne le sais pas encore.

Audience de 15h30 dans ce bâtiment qui a fait et défait mon enfance. Aujourd’hui, mon père est à mes côtés. Nous sommes demandeurs tous les deux.
La cloche tinte, les juges rentrent et nous nous levons, fidèles au protocole.
Comme des lions en cage, les couples frappés par la discorde tournent et retournent. Ils exécutent la chorégraphie de l’ignorance et du déchirement, chronique des affaires familiales du désenchantement.
Une à une s’égrainent les affaires du jour. Chacun s’en tient à une stricte symétrie axiale. Pourtant, leurs corps se sont mêlés un jour et puis cet espace s’est mû en vide tenu par quelques particules de froide colère.

Moi aussi, je me suis tenue diamétralement opposée à mon père. La salle sent encore ce jour où il est venu saoul à l’audience de la révision de ma pension alimentaire.
C’est dans le bureau, derrière, que mes parents se sont déchirés un mois de février 1995.
Il aura fallu des années, que je me meure sur un lit d’hôpital, plusieurs cures de désintoxication pour qu’il essaie de me faire rire face à mon indicible mais palpable tension de ce jour de novembre.

Nous demandons d’annuler le jugement de ma pension alimentaire. Une ironie, lorsque l’on sait les déchirements qu’elle a provoqués. Elle m’est versée par saisie sur salaire, saisie demandée par ma mère et donc non annulable auprès de l’huissier en mon nom.
Elle est tout ce qui me rattache à cette enfance tourmentée.

Après plus d’une heure d’attente, nous pénétrons dans une pièce sombre qui contraste avec la clarté lumineuse de la salle d’audience.
Le juge est froid, la greffière sourit.
Ma mère est le défendeur ; elle n’est pas venue. J’étais terrorisée à l’idée qu’elle puisse venir ; qu’elle me fasse perdre mon sang-froid et que je me montre faible quelques jours après cette insémination que je pensais perdue. Dans les mains du juge, je devine une lettre longue, emportée, qu’il n’évoque qu’en un demi-mot : « Vous n’avez que peu de relations avec votre mère? »

– Aujourd’hui aucune.

Qu’aurais-je pu lui dire ?
Que je n’aime pas ma mère et que je n’en éprouve aucune souffrance?
Que ma vie a commencé quand j’ai cessé de la côtoyer ?

Bien sûr, elle m’a allaitée, nourrie, soignée, mise au monde sans péridurale.
Bien sûr, elle a été fière de mes résultats scolaires.
Bien sûr, elle disait à qui voulait bien l’entendre que j’étais jolie et intelligente.

Je lui aurais raconté comment elle s’était posé la question d’avorter quand elle avait su que j’étais une fille, elle qui ne s’était projetée qu’avec un garçon.
Je lui aurais raconté comment elle m’a élevée comme un garçon, me forçant à garder les cheveux courts des années durant.
Je lui aurais raconté comment j’ai été droguée aux calmants parce que je ne dormais pas bébé.
Je lui aurais raconté comment elle m’a tenue à trois ans par une jambe au-dessus de la balustrade du troisième étage parce que je n’avais pas été « sage » cet après-midi.
Je lui aurais raconté la peur au ventre quand lors de ses crises, elle me cognait dans les murs et qu’elle me passait sous la douche froide parce que hoquetant de frayeurs et de sanglots, je lui implorais d’arrêter.
Je lui aurais raconté le silence familial, les chutes diplomatiques pour expliquer les bleus quand j’étais en vacances.

« Maman est malheureuse »
« Maman est malade »
« Maman ne va pas bien »

J’aurais voulu leur dire que moi aussi, j’étais malheureuse. Malheureuse de voir mon père désabusé se réfugier dans l’alcool.  Malheureuse de voir débouler le médecin de garde à trois heures du matin injecter du Tranxène à ma mère. Malheureuse de l’entendre ramener des hommes à la maison quand mon père était de planton.

Mes parents ont divorcé, ma mère a eu ma garde et tandis que mon père plongeait dans un alcoolisme chronique; à 10 ans, je suis devenue responsable de ma mère.
On venait me chercher en classe pour me dire que ma mère était encore à l’hôpital.
Elle a abandonné mon chien dans les bois pour que son amant vienne s’installer avec le sien à la maison.
Elle a couché avec mon père quand il m’a ramenée, un jour, j’étais dans la pièce à côté. Mon père est reparti et elle m’a dit « il baise toujours aussi mal ».
Une seule fois, une assistante sociale est venue à la maison suite à un signalement et j’ai dit que tout allait bien. Je voulais juste qu’elle m’aime.

Au milieu de cet hiver, mes invincibles étés étaient les vacances chez mes grands-parents.

Et puis la parenthèse enchantée a été mon beau-père et la naissance de ma soeur que j’ai protégée de mon mieux.
Tout semblait résolu. Le passé semblait envolé, enterré. Et en même temps, je gardais au fond de moi ce terrible passé ; on me disait volontiers angoissée, malade, fragile.
Ma mère avait trouvé cet équilibre dans cette relation, son rôle maternel : ma fille est fragile.
Et puis quelques mois après la naissance de ma soeur, tout a recommencé.
On a rejoué la comédie « Maman est malheureuse » avec la nuance « à cause de toi, parce qu’elle se fait du souci ».
J’étais au lycée. J’ai été prise dans une brillante classe préparatoire parisienne et je suis restée là parce que « tu es trop fragile pour être loin de moi ».

Ensuite l’anorexie dont j’ai parlé dans un précédent article, l’indépendance avec D. et ma psychothérapie, les retrouvailles avec mon père sobre depuis plusieurs années et mon appétit de la vie.

Je vais avoir trente ans.
J’ai un travail que j’aime et je vais à nouveau passer l’agrégation.
je vis avec mon conjoint depuis onze ans.
J’ai un appartement à mon nom.
J’ai mon permis.
J’ai une graine de sésame surprise qui a souri à mon ventre.
Ma vie a commencé à plus de vingt ans,  ce soir où je lui ai dit que je ne voulais pas être comme elle.

Bien sûr, elle m’appelle encore régulièrement pour me dire qu’elle m’aime, qu’elle est malheureuse.
Mon beau-père a divorcé et ma soeur a refusé d’obtenir un droit de visite chez elle.
Elle a abîmé deux enfants, allaités, mis au monde sans péridurale, nourris, soignés, bien éduqués.

Je ne considère pas que donner la vie fasse des femmes des héroïnes parce que cela ne suffit pas.
Les enfants ne choisissent pas les ventres où ils s’installent.
Une mère n’est pas plus sacrée qu’une autre personne ; elle n’est pas toujours un croisement de super-héros et de princesse ou une femme dévouée corps et âme à ses petits.

Aujourd’hui, c’est moi la mère potentielle et je ne sais pas ce qu’est véritablement une mère.
Je crois que je sais aimer ; je sais donner du temps, avoir la patience ; mais je n’ai pas de modèle.
Je vais devenir mère ; je suis mère et je suis là, adulte, construite et si fragile à l’intérieur.

Bordel, j’ai peur.
Pas peur d’accoucher, pas peur de changer les couches, pas peur d’allaiter.
Confrontée aux faillites familiales dans mon métier qui me renvoient avec plus ou moins de gravité à ma propre histoire , j’ai peur d’être cette mère mal aimante ; j’ai peur de ne pas savoir aimer.

 

« Je suis venue te dire qu’il faut que l’on se quitte » (lettre à mon anorexie)

 » On a fait un long chemin ensemble. Tu es un peu comme l’amant destructeur avec qui l’on croit pouvoir avoir beaucoup de plaisir avec des conséquences indicibles ; tu es un peu comme le compagnon de l’ombre , l’ami qu’on rappelle quand plus rien ne va ; tu es un peu aussi comme le sex-friend  pas très réconfortant qu’on recontacte après une rupture. Dix années de vie commune, avec des hauts et des bas. Je te dois l’année de mes vingt ans passée dans cet hôpital ; je dois deux sondes naso-gastriques et pas mal de douleurs. Je te dois aussi cette force de vivre puisée tout au fond de ce qu’il me restait d’encore un peu chaud au fond de mes tripes. Je te dois d’avoir réussi professionnellement. Je te dois cette rage de vaincre qui m’a habitée dès que j’ai décidé de survivre. Je te dois de m’être libérée de ma mère, cet être qui me détruisait. Je te dois d’être devenue une femme, d’être devenue quelqu’un, d’être devenue moi. Peut-être que sans ce que tu m’as révélé sur moi ; je n’en serai pas là aujourd’hui. Alors c’est vrai, au départ j’avais un peu honte de notre relation ; t’as été l’ami pervers, l’ennemi et puis l’ami avec qui on fait la paix. Au fond,aujourd’hui je peux te l’avouer,  je n’ai jamais effacé ton numéro de mon répertoire. Des fois, je parcours mes contacts et je suis à deux doigts de t’appeler ; mais voilà, je sais bien qu’on a vécu ce qu’on avait à vivre ensemble ; recommencer, ce serait se faire du mal ; ce serait briser la paix.

Néanmoins, j’avais encore quelques petites choses sur le coeur à te dire. Parce que oui, je suis venue te dire qu’il faut que l’on se quitte. Je ne peux plus monter en catimini sur la balance et pleurer sur les chiffres ; je ne peux plus dépendre d’une pesée volée au détour d’un rv ou d’un lavage de mains dans la salle de bains d’inconnus ; je ne peux plus passer mes journées à compter ou à tourner comme un lion en cage parce que je n’ai pas pu sortir faire du sport. Je ne peux plus avoir envie de toi.

Tu vois, il y a des grammes qui sont plus importants que d’autres. 150 petits grammes présentement. 150 tout petits grammes durement acquis. 150 petits grammes qui prennent beaucoup de place. Qui n’ont rien de superflu. C’est avec ces 150 petits grammes que j’ai envie de vivre désormais. Lutter contre les kilos et lutter pour d’autres kilos, c’est presque une ironie de la vie…

Maintenant, il y a autre chose, une autre histoire d’amour qui prend ta place.. Non, ne sois pas triste ; tu vois c’est juste que j’ai changé ou plutôt j’ai grandi, enterré la petite fille. Je pense que tu ne me reconnaîtrais plus vraiment.

Voilà, j’ai préparé tes vieilles affaires que j’avais gardées précieusement. Je voudrais que tu viennes les chercher et que tu partes doucement, sans claquer la porte. Je te tiendrai la main ; je t’embrasserai à la volée et puis tu t’en iras sans te retourner. Tu sais bien que nous ne devons pas pleurer. »

Quand j’ai été hospitalisée pour la première fois, il y a dix ans, en unité de psychiatrie pour mon anorexie, il y avait une jeune professeure des écoles qui était là. Elle mangeait seule  en chambre avec une infirmière. Elle avait un petit garçon de dix-huit mois qu’elle n’avait eu le droit de voir qu’à partir de 41 kg. C’était au mois de janvier et elle avait passé Noël seule dans cette unité parce qu’elle n’avait pas atteint l’objectif. Pendant la semaine, elle avait obtenu le droit de manger le dessert en salle avec les autres. Je me souviens du cône glacé, de son air dégoûté contenu et j’ai ressenti exactement la même chose, quand, deux années plus tard, j’ai totalement cessé de m’alimenter. Enceinte, elle avait perdu 4 kg. Je me rappelle que son fils avait un gros problème de vue mais je ne sais pas si c’était lié à l’état de sa mère. J’avais détesté cet hôpital, détesté qu’on décide à ma place, détesté le traitement des patients.

Je repense souvent à elle depuis mon tout début de grossesse. A cette paix que j’ai signée avec mon corps. N’était-elle en fait qu’un simple armistice ?

L’alimentation est au coeur de la grossesse : toxoplasmose, listériose, vitamines, apports de ci, apport de cela, contrôle de la prise de poids. On nous inonde de prescriptions extrêmement précises sur la répartition du poids, sur la consommation de ci de cela…. Même dans la valise d’accueil, on y a droit : « Attention à la prise de poids ».

Poids à prendre, à quel moment, en quelle proportion, ni trop, ni trop peu…

STOP. Quand je me prive d’un aliment que j’aime pour cause de listériose ou de toxoplasmose ; je ressens cet étau qui se serre au fond de mes tripes. La frustration de l’anorexie et cette sourde satisfaction vicieuse de surmonter l’envie ; bref, des émotions que je croyais enfouies à tout jamais. Comment être sûre que ce que je mange est bien dépensé ? Rien ne m’angoisse plus que de ne pas décider de ce que je mange ( quand je vais en séjour ailleurs, quand je voyage, quand je dépends d’un repas que je n’ai pas préparé)

Les angoisses ont refait surface dès le premier mois… Dans le miroir, je vois ce que je ne suis pas ; envie de me dissimuler, sentiment d’être envahie, impression de promener un corps qui ne m’appartient pas. Pour une montée sur la balance et 1,5kg en 5 semaines de grossesse…. Mon IMC de départ est de 18,8,  sans effort, en mangeant presque tout ce que je veux. Deux mois plus tard, j’ai tout reperdu et même un peu plus en revenant à un poids légèrement inférieur à celui de départ. Autre angoisse : est-ce que je ne mange pas assez sans m’en rendre compte? Car oui, ne pas prendre de poids me soulage, me donne un sentiment de toute puissance alors que le sentiment de toute puissance devrait être celui de donner la vie. Bon, et puis début de quatrième mois, ça y est, j’ai repris 1,5 kg. Ces chiffres qui dansent , l’absence de contrôle. Les chiffres. Se peser : Est-ce que je suis allée aux toilettes avant ? Est-ce que j’ai bu? Est-ce que c’est le poids de mon collier ? Recalculer en fin de journée les calories ingérées ; déduire les dépenses caloriques ( métabolisme de base + grossesse + efforts physiques) ; aller sur internet pour calculer la dépense calorique induite à telle semaine de grossesse, chercher des indices sur le fonctionnement de la thyroïde, le poids de l’utérus, du foetus, du volume sanguin.

Et puis les gens …. « j’ai pris tout d’un coup, tu verras ». Sans compter celles qui se plaisent à te raconter leur prise de poids, la déformation de leur corps. Les charmantes : « Si tu grossis pas, ça ne compte pas! » « Tu le mets où ? » Les flippantes : « Si tu ne grossis pas, il va être tout petit, tout malade, tout… »

J’ai peur…. J’ai tellement peur de réfléchir à ce que je mange, peur de perdre le contrôle sur mon corps, peur de manger un truc qu’il ne faut pas, de manger trop, de ne pas manger assez, peur de devoir être alitée…

La grossesse replonge une anorexique dans toutes ses angoisses les plus profondes : – relation à la maternité – relation au corps, – contrôle et maîtrise du physique – maîtrise de l’hyperactivité – réflexion sur la composition des repas – frustration alimentaire Je regarde mes assiettes avec anxiété. Je n’ai pas l’impression de manger pour mon foetus, par plaisir : toute assiette est suspecte. Assez équilibrée ? Fraîche? Il se passe quelque chose dans mon corps sur laquelle je n’ai aucune prise; c’est lui qui décide si je suis fatiguée, si j’ai mal, si le foetus reste ou s’en va. Est-ce que l’amour peut vaincre les démons? Est-ce que je suis aussi un embryon de mère assez aimant pour être aussi tourmentée ? Pourtant, j’aime ce petit arrondi qui se dessine sous mon nombril, les seins plus lourds. le plus dur, c’est vraiment la perte du contrôle, des chiffres, de l’appétit, du corps. J’ai tout de suite évoqué mon parcours avec la sage-femme. Elle ne m’a pas fait la morale, ne m’a pas mise en garde. Elle m’a juste laissé m’exprimer. Elle m’a dit que j’étais capable d’expliquer, de mettre des mots et que je serai capable de demander de l’aide si j’en avais besoin. J’ai encore un peu honte de mon hyperactivité ; mais je sens que dans mon esprit l’amour que je ressens pour mon futur enfant est plus fort que les restes de la maladie. Pourtant, hier, en allant marcher 8km, une douleur sous l’utérus ne m’a pas arrêtée et j’ai beaucoup culpabilisé à cette idée. J’essaie de multiplier les petites marches rapides pour compenser les grandes marches auxquelles je m’astreins deux fois par semaine. De l’extérieur, personne ne remarque rien. Je suis juste la petite nana enceinte, sportive et menue, qui mange correctement et qui continue à s’entretenir. Mais moi, je sais que ça n’est pas ça. Lundi, je me pèse. Entretien du 4e mois. Et j’ai presque autant peur de ça que de ne pas trouver le coeur de mon enfant. La faim, la nourriture, la frustration, le poids, l’envie. Je suis venue te dire qu’il faut que l’on se quitte. Je suis venue te dire qu’il faut que l’on se quitte. Je suis venue te dire…

Le Tri-test, les probabilités et l’anxiété (édit)

J’avais pas envisagé cela.
La fausse-couche, la mort intra utérine, les résurgences anorexiques, la peur de ne pas être affectivement à la hauteur, je l’avais envisagé.
Pas le Tri-test pseudo-vaseux.

Je commençais à lui parler dans mon ventre, à m’endormir la main contre mon ventre, à faire équipe (mais je n’ai toujours rien écrit dans son carnet) et puis cette prise de sang est venue tout ébranler.

Le Tri test est donc une prise de sang qui évalue le risque de porter un enfant porteur d’une trisomie 21. Les taux de deux marqueurs sont combinés à l’âge et à la clarté nucale pour déterminer une probabilité.
Ce n’est donc pas un diagnostic mais une manière de classer les femmes enceintes dans une population à risque.
Quand le risque est de 1/250, on propose une biopsie du trophoblaste ou une amniocentèse en fonction de l’avancement de la grossesse. Ces deux gestes permettent d’établir le caryotype de l’enfant et permet donc un diagnostic certain. Mais il existe un risque infime mais réel de fausse-couche ( difficile à estimer car il tient aussi à la maîtrise technique du personnel médical).
Parmi ces personnes, on estime que plus de 95% portent un enfant non atteint de trisomie.

Depuis 2009, on pratique préférentiellement un Tri-Test au cours du premier trimestre car il est plus fiable que l’ancien effectué au second trimestre. L’ancien entraînait davantage d’amniocentèses et donc de risque de perte foetale.
Il s’agit de doser la fraction libre de la B HCG et la PAPP-A, une hormone sécrétée par le placenta.
Lors d’une grossesse, le taux de BHCG diminue et la PAPP-A augmente ( il s’agit de la mise en place du fonctionnement placentaire).
On a remarqué que dans le cadre d’une grossesse au cours de laquelle l’enfant est trisomique 21, souvent, le taux de BHCG reste élevé et celui de la PAPP-A s’abaisse.

Les résultats sont exprimés en écart par rapport à la médiane.
Décodons:
On prend tous les dosages sanguins des femmes non porteuses d’enfants trisomiques et on fait une médiane. Plus on s’écarte de cette médiane, plus le risque d’une grossesse pathologique est élevé.

Selon l’écart et selon les variations, on peut déterminer un risque accru, non seulement de trisomie 21 mais d’ autres trisomies ou affections de la grossesse.

Pour la trisomie 21, mon risque est d’1/568. C’est très bien.
Ma clarté nucale et mon âge font basculer le résultat du bon côté. (sans compter la présence des os propres du nez.. etc)
Mais mes marqueurs sériques ne sont pas très bons : PAPP-A basse ( 0, 37 de la médiane) et BHCG élevée ( 1,98 de la médiane).
Au départ, j’avais juste les chiffres…. et j’ai regardé sur internet…. J’aurais pas dû.

J’ai donc passé un week-end très angoissé. J’ai rappelé mon centre périnatal ce matin en essayant de jouer la fille pas trop anxieuse (visiblement, c’était raté).
Une PAPP-A basse entraîne une élévation du risque de RCIU, de MFIU, de prééclampsie. D’accord, dans 85% des cas, il n’y a rien.
Mais je ne vois que les 15% moi…..
La sage-femme m’a donc dit que le seuil d’inquiétude est à 0, 20 de la médiane et que l’on vérifiera la vascularisation du placenta ainsi que la croissance du foetus mais que ces variations hormonales ne la tracassaient pas davantage.

Bien entendu, j’avais fait 5heures de train en courant de Gare de l’Est à Montparnasse avec mes bagages ; j’avais refusé de prendre le tapis roulant (pour faire du sport) alors le soir ça tirait un peu partout ; bref, je me suis fait des films d’horreurs de vendredi à ce matin. J’espère profiter de mes quelques jours en famille dans l’Ouest.

Depuis, j’essaye de me reconnecter avec mon petit lapin/ Petit Pois/ Mc Gyver/Némo/l’Habitant.

Tout ceci pour vous dire que si vous acceptez le Tri-Test, attendez que votre médecin vous en donne l’interprétation car vous n’aurez que les valeurs brutes et ces valeurs brutes restent nébuleuses sans une lecture éclairée d’un praticien. Sur mon compte-rendu, même si je pense être quelqu’un d’assez futé, on ne lisait que : seuil d’évaluation retenu 1/250 que j’ai d’abord pensé être mon score…. (d’ailleurs, je pense sincèrement que dans ce cas précis, soit tu envoies tout à la patiente soit tu n’envoies rien du tout…)
Et n’oubliez pas que même dans les dosages hors-normes, 95% des grossesses sont non-pathologiques.

EDIT : l’une d’entre vous et je suis désolée car je ne me souviens plus qui ( je crois que c’est Biquette de mémoire)…. m’avait conseillé de consulter les forums « echofoetale ».
Après avoir lu et relu et refouillé les sujets, il apparaît que le seuil pathologique est de 0, 20   MoM pour les deux dosages.
Pour la PAPP-A, il apparaît qu’une « petite » surveillance des risques RCIU, pré-éclampsie, doit être réalisée en dessous de 0,40 MoM sans tomber dans la parano.

MAIS BON SANG, C’EST QUAND QU’ON « PROFITE » ? 

Un peu de dépaysement live from Saint-Malo pour finir :

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Bon oui, ils faisaient tous la tête.