La gelée de pommes sauvages

Avec A., je suis allée ramasser, comme à peu près tous les ans, des pommes sauvages non loin de ma chaumière.
A. a le droit à sa petite promenade quotidienne en sling. Il tête mon doigt et regarde tout d’un air mi-curieux mi-pénétré qui me fait souvent sourire. Evidemment, cela finit invariablement par un gros somme et de grosses sueurs dues à l’efficacité de mon petit radiateur portatif.

J’aime bien être en forêt. J’imagine là, mon petit A. dans un an, on rentre et on fait des bonhommes en marrons et des tableaux de feuilles d’automne.
En réalité, j’ai crotté mes escarpins, marché sur mon imperméable et tordu le dos pour ramasser les pommes sans réveiller A.
On a donc limité l’opération ramassage à un petit kilogramme de pommes.

A quoi reconnaît-on des pommes sauvages?

Ce sont de petites pommes d’à peine la taille d’une balle de golf. Elles sont immangeables crues car très âcres. Elles sont jaunes ou vertes et on en trouve dans certaines haies, au bord des chemins ou en forêt, courant du mois d’octobre.

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Une fois rentrés avec notre récolte, on la fait cuire dans une bassine en remplissant d’eau jusqu’à hauteur des fruits. Quand les pommes partent en charpie, on éteint et on laisse reposer la nuit.
on peut mettre à cette étape des plantes à infuser : verveine, tilleul… ou des épices : cannelle, vanille.

Le lendemain, on remet un petit coup de cuisson et on filtre avec un chinois très fin et une étamine.

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On a fait sans étamine...

On estime le poids du jus ; on le fait cuire avec moitié de son poids de sucre et on met en pot.
On obtient une jolie gelée ambrée qui sent bon l’automne.

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Le bois de la fertilité

Je réédite, en somme, un article de mon ancien blog.
Il y a donc, à quelques embardées de ma modeste demeure, une chapelle dédiée à sainte Lucie.

Attention, ce n’est pas n’importe quelle chapelle, c’est un pèlerinage local pour résoudre les problèmes d’infertilité…. féminins ( oui, parce que ça vient toujours des femmes, c’est bien connu).

On l’appelle aussi le bois de sainte Lucie. On faisait auparavant des petits objets à base du bois qui entourait la chapelle.

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Au cours du VIIe siècle, il y a eu un courant monacal ascétique venu du monde celte qui s’est notamment épanoui en Lorraine et dont le chef de file était saint Colomban.
Or, notre sainte Lucie locale est la fille d’un roitelet écossais venue se perdre comme bergère dans nos contrées durant ces siècles obscurs où paganisme et christianisme se mêlaient encore.
Elle fit le choix de vivre dans le dénuement le plus complet à l’écart du village et construisit un oratoire sur le mont où elle avait élu domicile.

Un soir, alors qu’elle était allée chercher des braises pour son feu, elle les renversa de son tablier dans le ruisseau. Maudissant le cours d’eau, les braises se rallumèrent.

Morte à l’aube de ses quarante ans, des conséquences d’une vie d’anachorète, sa réputation dépassa rapidement les frontières du village et on accourut auprès de son tombeau pour bénéficier de son intercession. Son père voulut récupérer le corps de sa fille ; mais en dépit du long voyage entrepris, le corps de la sainte refusa de quitter sa résidence. Un couvent féminin s’installa au fil des siècles.

Lucie fut invoquée dans les cas de stérilité féminine et les femmes venaient s’asseoir dans une petite cavité de l’oratoire où la sainte prenait place de son vivant.

On doit à sainte Lucie, quelques naissances célèbres dont celle de Louis XIV, aussi appelé Louis Dieudonné, en raison de l’infertilité prétendue du couple couple royal. Marguerite d’Autriche s’est en effet arrêtée dans le village au retour d’un voyage de son couronné d’époux en 1633.

Aujourd’hui, il reste bien peu de choses de ce florissant passé religieux, mis à part quelques toponymes et une petite chapelle à l’abri des regards.

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on s’est dit que pour l’éjaculation rétrograde et les spermogrammes faiblards, ça pouvait peut-être le faire aussi…

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