ode à l’allaitement

Me nourrissant de le nourrir, je m’emplissais l’âme.

Sa succion était une vague lascive et je me voyais courir vers l’écume blanche tandis que je souriais. La vie bouillonnait, jaillissait éclatante. J’entendais le bruit de la mer telle une berceuse de l’infini, l’infini s’écoulant de moi à lui.
Il est moi, je suis lui,il est lui, je suis moi.
Nos âmes s’épousent alors dans un bruissant ravissement.

Que cela ne finisse jamais ni la rythmique de ses goulées ni les longues promenades de sa main parcourant ma poitrine comme un souvenir toujours ravivé, un sentier de l’enfance, là le parfum du figuier, ici l’aubépine.
Le vent de sa respiration est la brise légère qui rafraîchit le crépuscule d’un trop brûlant été et ses yeux, l’instant d’avant deux étoiles bleu métallique, deux fulgurances rieuses, replongent en un sursaut dans la mer paisible de notre amour.
Ils sont présents mais s’absentent déjà pourtant, rappelés par quelque songe de tendresse.
La mer est tiède et caressante. Elle sent le musc et le miel ; elle est comme une immense étendue, la dilatation sans fin de mon coeur d’où rien ne déborde jamais.

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Vierge à l’enfant, Jean Fouquet, vers 1450
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